Tchi Tcha ( Critiques de film)

Harceles de Niel La Bute (2008)  (Tchi Tcha ( Critiques de film)) posté le dimanche 04 janvier 2009 19:22

Date de sortie : 01 Octobre 2008

 

Pour Chris et Lisa, emménager dans leur maison de Lakeview Terrace est un rêve devenu réalité. Pourtant, rapidement, les deux jeunes gens deviennent la cible de leur voisin, qui désapprouve leur relation interraciale. Cet homme strict et austère, père célibataire et policier, s'est autoproclamé responsable de la sécurité du quartier. Si ses patrouilles nocturnes et sa surveillance constante procurent un sentiment de sécurité à certains, il se montre de plus en plus oppressant envers le jeune couple, allant jusqu'à les harceler chez eux. 
Lorsque Chris et Lisa décident de riposter, ils déclenchent une spirale infernale que plus personne ne pourra arrêter...

 

 

 

Ce voisin intolerant est incarné par Samuel L. Jackson. Pour la premiere fois, l'acteur qui est generalement le plus cool dans n'importe lequel de ses roles, a reussi a se rendre parfaitement detestable. C'est assez destabilisant de ne pas pouvoir s'attacher a l'acteur d'habitude si fascinant. Il faut dire que ce personnage a l'humour bien particulier, aux regles trop bien etablies et au racisme motivé par un secret revele dans le film n'aide pas a le prendre en sympathie.


Malheureusement pour le film, l'interpretation du couple incarné par 
Kerry Washington et Patrick Wilson ne donne pas envie non plus de prendre parti pour eux. Les deux personnages manquent de fond et on aura bien du mal a vouloir prendre leur parti. Bien sur on n'aimerait pas etre a leur place tant  l'harcelement pratiqué par le policier fait froid dans le dos et nous fait esperer de ne jamais vivre un calvaire similaire mais ce n'est pas suffisant pour captiver le spectateur.

 



Film sur l'apprentissage de la vie en communauté, le couple, le respect ou l'abus de regles mais surtout film sur le racisme qui est le moteur de cette intrigue, le film touche a tous les sujets et fait souvent mouche. Cependant le manque de charisme du couple empeche de rentrer a fond dans cette histoire et de frisonner comme on le souhaiterait. Reste un 
Samuel L Jackson toujours surprenant qui merite a lui seul le deplacement.

 

 

Mon avis :{#}

 

Réalisé par Neil LaBute

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Burn After Reading des Frères Coen (2008)  (Tchi Tcha ( Critiques de film)) posté le mardi 16 décembre 2008 21:27

Date de sortie : 10 Décembre 2008

 

 

Pour sa première participation à un film des Coen Bros, Brad Pitt campe Chad, un gentil professeur d’aérobic permanenté, les fesses moulées dans un short en lycra. Bête à manger du foin, il s’allie à sa collègue Linda (Frances McDormand), célibataire quinqua qui rêve d’ « optimiser son potentiel »séduction, obsédée par l’idée de se refaire le nez, les seins, les fesses, les cuisses, le ventre, le menton, la bouche et plus si affinités. Pour payer ses opérations, elle décide de faire chanter Osborne Cox (John Malkovich), un agent de la CIA alcoolique qui a égaré un CD bourré d’infos supposées top-secrètes. Mais Osborne le retors, viré par la CIA, est en conflit avec sa peau de vache de femme (Tilda Swinton), qui le trompe copieusement avec Harry (George Clooney), une andouille AAAA au cerveau plein de courants d’air, serial fucker sur internet qui bricole dans sa cave une machine capable de satisfaire n’importe quelle femme. La réunion de tous ces imbéciles va se révéler explosive…

 

 

 

 

Le plan d’ouverture de Burn after Reading ressemble à celui de pas mal de daubes prétentieuses. La caméra déboule en trombe de l’espace, zoome avant sur la Terre, les Etats-Unis, puis fonce dans le siège de la CIA. Formalistes, les Coen sont d’abord des entomologistes et ils s’intéressent ici à leur espèce préférée : les cons. Les grands cons, les sales cons, les branques, les crétins, les handicapés du bulbe, les garces arrivistes, les bas de plafond obsédés,« petits cons de la dernière averse, vieux cons des neiges d’antan » (merci Brassens). Nos démiurges en posent une belle brochette sur leur lame de microscope, agitent délicatement et les observent de loin, avec une ironie implacable, en ricanant comme Beavis & Butt-Head. Le spectacle est donc absolument jouissif (« jubilatoire », comme dirait Studio) et les frangins accumulent les séquences grotesques, drôles, quasi surréalistes. « Revenez me voir quand tout ceci aura un sens », assure même un ponte ahuri de la CIA. Leurs marionnettes s’agitent frénétiquement, se prennent les pieds dans les tapis, baisent (parfois) et s’éclatent à la tronche à coup flingue ou de hache, comme dans un dessin animé d’Itchy et Scratchy. C’est la formule gagnante de Fargo ou de Blood Simple : non-sens, dérision et hectolitres de sang, Kafka remixé par Tex Avery.

 

 

 

 

 

Certains pisse-froid parleront bien sûr d’exercice de style un peu vain. Il n’en est rien. Car sous le délire apparent, nos déconneurs en chef se font aussi philosophes et fustigent la cupidité, la veulerie de leurs contemporains, des hommes et des femmes obsédés par le paraître et les apparences, seuls, égocentriques, vieillissants, irrémédiablement paumés. Les Coen prouvent également qu’ils sont d’extraordinaires directeurs d’acteurs : George Clooney, déjà bien arrangé dans O’ Brother et Intolérable cruauté, est impayable en dragueur minable. Son pote Brad Pitt remporte la Palme de l’idiot plaqué or, dans un rôle écrit spécialement pour lui. Frances McDormand, l’héroïne de Fargo, se morfond en palpant son bide, le très classe John Malkovich picole en slip, tandis que Tilda Swinton (Michael Clayton), J.K. Simmons (le néo-nazi d’Oz, le rédac chef hystérique dans Spider-Man) ou encore Richard Jenkins (vu récemment dans le très beau The Visitor) en font des caisses pour notre plus grand plaisir. Hautement recommandé.

 

 

 

 

Un film de Joel et Ethan Coen avec George Clooney, Brad Pitt, Frances McDormand, John Malkovich, Tilda Swinton, J.K. Simmons, Richard Jenkins

 

Durée : 1h35

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The Dark Knight , le chevalier noir de Christopher Nolan (2008)  (Tchi Tcha ( Critiques de film)) posté le lundi 24 novembre 2008 14:44


Date de sortie : 13 Août 2008

 

 

Batman aborde une phase décisive de sa guerre au crime. Avec l'aide du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur Harvey Dent, Batman entreprend de démanteler les dernières organisations criminelles qui infestent les rues de sa ville. L'association s'avère efficace, mais le trio se heurte bientôt à un nouveau génie du crime qui répand la terreur et le chaos dans Gotham : le Joker...

 

 

Christopher Nolan revient avec une suite qui vient délibérément concurrencer la première version de Burton en remettant le Joker sur le devant de la scène. Ou comment faire du neuf avec du vieux. Et même mieux.

 

Deux fois plus de méchants, deux fois plus d’action et deux fois plus d’enjeux. Christopher Nolan emporte cette suite avec brio et en tire un film dantesque et épique. Polar à la Heat, film sur la mafia et vision pessimiste de la justice dans notre monde d’aujourd’hui, le film n’en oublie même pas pour ses personnages, complexes et fouillés, campés avec force par tous ses acteurs (même Rachel, potiche du premier opus, trouve son utilité et devient même le pivot du film).

 

 

 

Les mauvaises langues trouveront sûrement que 2h30, c’est un peu long pour un film qui aurait gagné à être plus ramassé sur 1h45, mais les scènes d’actions sont si intenses (imaginez la scène du Tumbler de Batman Begins, mais multiplié par 10) qu’on ne voudrait oublier aucun moment. On voit surtout que ce montage final n’a voulu sacrifier aucune scène du regretté Heath Ledger pour ne pas louper une miette de sa prestation, et de ce côté-là, on est servi. C’est un festival !

 

 

 

Par ses mimiques inimitables, sa démarche bestiale et ses répliques instantanément cultes, Heath Ledger nous offre le Joker que l’on a toujours rêvé. Clown psychopathe doublé d’un manipulateur fou qui a toujours un coup d’avance, il incarne enfin ce pervers qui avance sans logique juste « pour voir le monde brûler » comme le désigne Alfred et pour le faire basculer dans la folie.

 

 

 

En ce sens Nolan livre une parfaite relecture du Joker d’Alan Moore dans Rire et Mourir (The Killing Joke en VO) où il veut démontrer que le monde n’est qu’une vaste blague absurde qui finit par rendre fou. La scène de l’interrogatoire fait d’ailleurs référence à la partie de cartes qui ouvre le roman graphique, où le Joker analyse sa relation avec le Chevalier Noir. Une analyse pertinente et cruelle qu’on avait encore jamais vu ni à la TV et au cinéma et qui prouve, si besoin encore était, que Nolan a tout compris de ses personnages.

 

 

 

Avant d’arriver à ce film puissant, il faut peut-être passer par une heure d’exposition des personnages un peu lente. Mais on se rend compte après coup qu’elle ne sert qu’à mieux mettre un univers en place afin de mieux le déconstruire. Le réalisateur de Memento ou d’Insomnia en profite pour placer ses véritables intentions sur le film.

 

 

 

Comme avec le précédent opus, il continue de voir en Gotham City une société décadente qui justifie de manière ambiguë son rapport avec le mal. Mais au fur et  mesure que le Joker devient de plus en plus présent à la manière du requin des Dents de la mer ou les Oiseaux d’Hitchcock, le film devient de plus en plus excitant et devient un vrai film de superhéros qui n’en oublie pas son discours intelligent. Preuve que le Joker embrase le film et entâche tous les personnages, dont Batman qui n’en sortira pas indemne.

 

 

 

The Dark Knight est donc un film riche, très riche, qui ne souffrira pas d’une vision supplémentaire, et qui, après Iron Man et dans une moindre mesure, Hulk  et Hancock, signe le grand retour des superhéros au cinéma.

 

 

Réalisé par Christopher Nolan

Avec Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckhart  

 

Durée : 2h27

 

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Julia de Erick Zoncka (2008)  (Tchi Tcha ( Critiques de film)) posté le lundi 24 novembre 2008 13:44

Date de sortie : 12 Mars 2008 

Julia, séductrice et grande gueule a de plus en plus de mal à cacher son alcoolisme et finit par perdre pied. Une rencontre l'entraîne dans un engrenage infernal qui l'amène à kidnapper Tom, un enfant de huit ans. Commence alors une fuite sans issue à travers le sud des Etats-Unis et qui les conduira jusqu'au Mexique.

Après dix ans d’absence, Erick Zonca réapparaît du côté des États-Unis, caméra au poing braquée comme un revolver pour régler quelques comptes avec le cinéma, l’amour maternel, le vice et la désespérance. Mais surtout, il dessine au scalpel – ou au cran d’arrêt – un magnifique et pathétique portrait de femme reflété par l’allure trébuchante, le visage émacié et le regard véhément ou endurci de Tilda Swinton.

À la fois paumée et pathétique, âpre et brutale, l’actrice, présente dans tous les plans, donne toute sa densité à l’aventure. Vacillante ou déterminée, elle occupe l’espace puis l’habite et le hante comme un fantôme qui petit à petit reprendrait forme humaine. C’est cette métamorphose en forme de rédemption que Zonca filme au plus près avec une caméra complice inséparable de son héroïne, épousant ses mouvements désordonnés, heurtés avec des truands patibulaires, une mère névrosée ou un amant compréhensif.

Dans l’ombre vivace du Gloria de Cassavetes, le film, qui colle aux errements de son héroïne, finit ainsi par se confondre avec elle pour faire vivre son malaise et ses élans. C’est ce qui en fait la force et la singularité, transforme ce requiem pour une paumée en plaidoyer pour une féminité retrouvée, et porte cette aventure éprouvante au niveau d’un grand drame réaliste et sans concession.

Réalisé par Erick Zonca

Avec Tilda Swinton, Saul Rubinek, Kate del Castillo

 

Durée : 2h22

  

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Bataille à Seattle de Stuart Townsend (2008)  (Tchi Tcha ( Critiques de film)) posté le jeudi 20 novembre 2008 23:22

Date de sortie : 07 Mai 2008  

 

En 1999, de gigantesques manifestations se sont opposées à la tenue de la conférence de la toute-puissante Organisation Mondiale du Commerce à Seattle. Jamais l'opposition n'avait été aussi forte, aussi frontale et aussi violente...
Bataille à Seattle nous plonge au coeur de ces événements à travers le point de vue de plusieurs personnes, manifestants, policiers, délégués de l'OMC, médecins. Ces cinq jours qui ébranlèrent le monde et marquèrent spectaculairement la naissance d'un altermondialisme planétaire livrent enfin leurs secrets et leurs enjeux...

 

Townsend ouvre son film par une présentation de ses protagonistes (onze au total) : militants, policiers, simples citoyens, élus ou membres de l’OMC. Le panel est exhaustif, mais le refus de stigmatiser l’une ou l’autre des forces en présence (toutes victimes au fond d’enjeux qui les dépassent) souligne la relative faiblesse de l’écriture. Certains personnages manquent d’épaisseur, comme parfois les dialogues de relief.

 

Assurément, le film aurait gagné à prendre davantage parti, même s’il se place d’évidence du côté des insurgés. Restent néanmoins une distribution intéressante (Woody Harrelson en tête, épaulé par l’inattendu André Benjamin du groupe de rap Outkast), et surtout des scènes d’émeutes hyper-réalistes qui emportent le morceau. Les mouvements de foule, filmés au grand angle ou en plans serrés dans la mêlée, alternent avec de vraies images d’archives. Ces moments restituent la beauté et la violence de l’insoumission.

 

À Seattle, une victoire a été remportée à l’issue d’un bras de fer extrêmement brutal. Mais la lutte continue pour des militants bien décidés à renverser le Titan de l’économie mondiale. C’est à ces utopistes qu’est destiné ce premier film marquant de fiction jamais réalisé sur les événements.

 

Réalisé par Stuart Townsend

Avec Charlize Theron, Andre Benjamin, Martin Henderson

 

Durée : 1h40

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