Tchi Tcha ( Critiques de film)

The Dark Knight , le chevalier noir de Christopher Nolan (2008)  (Tchi Tcha ( Critiques de film)) posté le lundi 24 novembre 2008 14:44


Date de sortie : 13 Août 2008

 

 

Batman aborde une phase décisive de sa guerre au crime. Avec l'aide du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur Harvey Dent, Batman entreprend de démanteler les dernières organisations criminelles qui infestent les rues de sa ville. L'association s'avère efficace, mais le trio se heurte bientôt à un nouveau génie du crime qui répand la terreur et le chaos dans Gotham : le Joker...

 

 

Christopher Nolan revient avec une suite qui vient délibérément concurrencer la première version de Burton en remettant le Joker sur le devant de la scène. Ou comment faire du neuf avec du vieux. Et même mieux.

 

Deux fois plus de méchants, deux fois plus d’action et deux fois plus d’enjeux. Christopher Nolan emporte cette suite avec brio et en tire un film dantesque et épique. Polar à la Heat, film sur la mafia et vision pessimiste de la justice dans notre monde d’aujourd’hui, le film n’en oublie même pas pour ses personnages, complexes et fouillés, campés avec force par tous ses acteurs (même Rachel, potiche du premier opus, trouve son utilité et devient même le pivot du film).

 

 

 

Les mauvaises langues trouveront sûrement que 2h30, c’est un peu long pour un film qui aurait gagné à être plus ramassé sur 1h45, mais les scènes d’actions sont si intenses (imaginez la scène du Tumbler de Batman Begins, mais multiplié par 10) qu’on ne voudrait oublier aucun moment. On voit surtout que ce montage final n’a voulu sacrifier aucune scène du regretté Heath Ledger pour ne pas louper une miette de sa prestation, et de ce côté-là, on est servi. C’est un festival !

 

 

 

Par ses mimiques inimitables, sa démarche bestiale et ses répliques instantanément cultes, Heath Ledger nous offre le Joker que l’on a toujours rêvé. Clown psychopathe doublé d’un manipulateur fou qui a toujours un coup d’avance, il incarne enfin ce pervers qui avance sans logique juste « pour voir le monde brûler » comme le désigne Alfred et pour le faire basculer dans la folie.

 

 

 

En ce sens Nolan livre une parfaite relecture du Joker d’Alan Moore dans Rire et Mourir (The Killing Joke en VO) où il veut démontrer que le monde n’est qu’une vaste blague absurde qui finit par rendre fou. La scène de l’interrogatoire fait d’ailleurs référence à la partie de cartes qui ouvre le roman graphique, où le Joker analyse sa relation avec le Chevalier Noir. Une analyse pertinente et cruelle qu’on avait encore jamais vu ni à la TV et au cinéma et qui prouve, si besoin encore était, que Nolan a tout compris de ses personnages.

 

 

 

Avant d’arriver à ce film puissant, il faut peut-être passer par une heure d’exposition des personnages un peu lente. Mais on se rend compte après coup qu’elle ne sert qu’à mieux mettre un univers en place afin de mieux le déconstruire. Le réalisateur de Memento ou d’Insomnia en profite pour placer ses véritables intentions sur le film.

 

 

 

Comme avec le précédent opus, il continue de voir en Gotham City une société décadente qui justifie de manière ambiguë son rapport avec le mal. Mais au fur et  mesure que le Joker devient de plus en plus présent à la manière du requin des Dents de la mer ou les Oiseaux d’Hitchcock, le film devient de plus en plus excitant et devient un vrai film de superhéros qui n’en oublie pas son discours intelligent. Preuve que le Joker embrase le film et entâche tous les personnages, dont Batman qui n’en sortira pas indemne.

 

 

 

The Dark Knight est donc un film riche, très riche, qui ne souffrira pas d’une vision supplémentaire, et qui, après Iron Man et dans une moindre mesure, Hulk  et Hancock, signe le grand retour des superhéros au cinéma.

 

 

Réalisé par Christopher Nolan

Avec Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckhart  

 

Durée : 2h27

 

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Julia de Erick Zoncka (2008)  (Tchi Tcha ( Critiques de film)) posté le lundi 24 novembre 2008 13:44

Date de sortie : 12 Mars 2008 

Julia, séductrice et grande gueule a de plus en plus de mal à cacher son alcoolisme et finit par perdre pied. Une rencontre l'entraîne dans un engrenage infernal qui l'amène à kidnapper Tom, un enfant de huit ans. Commence alors une fuite sans issue à travers le sud des Etats-Unis et qui les conduira jusqu'au Mexique.

Après dix ans d’absence, Erick Zonca réapparaît du côté des États-Unis, caméra au poing braquée comme un revolver pour régler quelques comptes avec le cinéma, l’amour maternel, le vice et la désespérance. Mais surtout, il dessine au scalpel – ou au cran d’arrêt – un magnifique et pathétique portrait de femme reflété par l’allure trébuchante, le visage émacié et le regard véhément ou endurci de Tilda Swinton.

À la fois paumée et pathétique, âpre et brutale, l’actrice, présente dans tous les plans, donne toute sa densité à l’aventure. Vacillante ou déterminée, elle occupe l’espace puis l’habite et le hante comme un fantôme qui petit à petit reprendrait forme humaine. C’est cette métamorphose en forme de rédemption que Zonca filme au plus près avec une caméra complice inséparable de son héroïne, épousant ses mouvements désordonnés, heurtés avec des truands patibulaires, une mère névrosée ou un amant compréhensif.

Dans l’ombre vivace du Gloria de Cassavetes, le film, qui colle aux errements de son héroïne, finit ainsi par se confondre avec elle pour faire vivre son malaise et ses élans. C’est ce qui en fait la force et la singularité, transforme ce requiem pour une paumée en plaidoyer pour une féminité retrouvée, et porte cette aventure éprouvante au niveau d’un grand drame réaliste et sans concession.

Réalisé par Erick Zonca

Avec Tilda Swinton, Saul Rubinek, Kate del Castillo

 

Durée : 2h22

  

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Bataille à Seattle de Stuart Townsend (2008)  (Tchi Tcha ( Critiques de film)) posté le jeudi 20 novembre 2008 23:22

Date de sortie : 07 Mai 2008  

 

En 1999, de gigantesques manifestations se sont opposées à la tenue de la conférence de la toute-puissante Organisation Mondiale du Commerce à Seattle. Jamais l'opposition n'avait été aussi forte, aussi frontale et aussi violente...
Bataille à Seattle nous plonge au coeur de ces événements à travers le point de vue de plusieurs personnes, manifestants, policiers, délégués de l'OMC, médecins. Ces cinq jours qui ébranlèrent le monde et marquèrent spectaculairement la naissance d'un altermondialisme planétaire livrent enfin leurs secrets et leurs enjeux...

 

Townsend ouvre son film par une présentation de ses protagonistes (onze au total) : militants, policiers, simples citoyens, élus ou membres de l’OMC. Le panel est exhaustif, mais le refus de stigmatiser l’une ou l’autre des forces en présence (toutes victimes au fond d’enjeux qui les dépassent) souligne la relative faiblesse de l’écriture. Certains personnages manquent d’épaisseur, comme parfois les dialogues de relief.

 

Assurément, le film aurait gagné à prendre davantage parti, même s’il se place d’évidence du côté des insurgés. Restent néanmoins une distribution intéressante (Woody Harrelson en tête, épaulé par l’inattendu André Benjamin du groupe de rap Outkast), et surtout des scènes d’émeutes hyper-réalistes qui emportent le morceau. Les mouvements de foule, filmés au grand angle ou en plans serrés dans la mêlée, alternent avec de vraies images d’archives. Ces moments restituent la beauté et la violence de l’insoumission.

 

À Seattle, une victoire a été remportée à l’issue d’un bras de fer extrêmement brutal. Mais la lutte continue pour des militants bien décidés à renverser le Titan de l’économie mondiale. C’est à ces utopistes qu’est destiné ce premier film marquant de fiction jamais réalisé sur les événements.

 

Réalisé par Stuart Townsend

Avec Charlize Theron, Andre Benjamin, Martin Henderson

 

Durée : 1h40

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C R A Z Y de Jean Marc Vallée (2006)  (Tchi Tcha ( Critiques de film)) posté le jeudi 20 novembre 2008 23:10

Date de sortie : 03 Mai 2006

 

 

Un portrait de famille qui dépeint la vie souvent extraordinaire de gens ordinaires à la poursuite de leur bonheur.
De 1960 à 1980, entouré de ses quatre frères, de Pink Floyd, des Rolling Stones et de David Bowie, entre les promenades en moto pour impressionner les filles, les pétards fumés en cachette, les petites et grandes disputes et, surtout, un père qu'il cherche désespérément à
retrouver, Zac nous raconte son histoire...
25 décembre 1960 : Zachary Beaulieu vient au monde entre une mère aimante et un père un peu bourru mais fier de ses garçons.
C'est le début de C.R.A.Z.Y., le récit de la vie d'un petit garçon puis d'un
jeune homme pas comme les autres, qui va jusqu'à renier sa nature profonde pour attirer l'attention de son père.

 

 

Cette chronique familiale, se déroulant de 1960 à nos jours, aborde avec sincérité les bonheurs et les heurts d’une fratrie de cinq garçons tous plus différents les uns des autres. Au cœur de cette mêlée se trouve Zachary (fabuleux Marc-André Grondin), le quatrième de cinq frères. À travers ses yeux d’enfant puis d’adolescent perturbé, en constante recherche de l’assentiment de son père (toujours extraordinaire Michel Côté), nous revivrons plusieurs époques.



La musique omniprésente, véritable protagoniste du film, accompagne le propos, suggère les émotions et marque le passage du temps. Les Pasty Cline, Aznavour, David Bowie vibrent au même rythme que les personnages et nous font vibrer aussi. Les décors, les événements et les gestes posés, tous plus vrais que nature, sauront nous rappeler des souvenirs de notre jeunesse. Une attention particulière semble avoir été portée à chaque petit détail.

 



Marc-André Grondin incarne avec beaucoup de justesse et de sensibilité cet adolescent qui voudrait tant combler les idéaux de son père et qui refoule pour cette raison sa vraie nature. Michel Côté, dans le rôle du paternel affectueux mais maladroit qui refuse la différence, offre une performance extraordinaire et en émouvra certainement plus d’un. Notons également le jeu superbe de Danielle Proulx en mère de famille compréhensive et celui de Pierre-Luc Brillant dans la peau d’un junkie.



Avant d’être un film sur l’homosexualité, C.R.A.Z.Y. est d'abord un film sur une relation père-fils et sur ce besoin que nous avons tous d’être aimé et compris de nos parents. Sont palpables dans ce film l’attachement familial indéfectible et la filiation invisible qui unit une mère à son enfant. L’humour, utilisé intelligemment, désamorce parfois des situations qui pourraient sembler lourdes. 

 

 


 En fait, regarder C.R.A.Z.Y., c’est comme contempler notre propre portrait de famille. On y voit une famille typique qui vit des joies et des problèmes au quotidien. C.R.A.Z.Y., c’est en fait une célébration de ce lien immuable qui nous unit à quelqu’un, pour la vie. C’est aussi et surtout un hymne à la tolérance. Un film troublant, touchant, qui vous hantera probablement et qui pourrait s’avérer être le succès surprise de la saison estivale. À voir absolument!

 

 

Réalisé par Jean-Marc Vallee

Avec Michel Cote, Marc-André Grondin, Émile Vallée   

 

Durée : 2h09

 

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Tonnerre sous les tropiques de Ben Stiller (2008)  (Tchi Tcha ( Critiques de film)) posté le vendredi 14 novembre 2008 17:28

Date de sortie : 15 Octobre 2008

 

Un casting d'enfer pour un voyage... au bout de l'enfer ! En tête d'affiche : Tugg Speedman, la star du film d'action, en chute libre depuis ses trois derniers navets. A ses côtés : Jeff Portnoy, spécialiste des comédies (très) bas de gamme, avide de prouver ses qualités de comédien ; Kirk Lazarus, acteur "Méthode" multi-recompensé et 100 % givré ; Chino, superstar pop et fan d'Al Pacino ; et Kevin Sandusky, le fringant petit jeune tout heureux de faire partie de la bande. Cinq egos surdimensionnés au service du "plus grand film de guerre de tous les temps". Sur le papier, ça se tient (ou presque), mais sur le tournage tout dérape : les caprices des stars et l'incapacité du réalisateur, Damien Cockburn, font grimper les frais à une allure vertigineuse, au point que le studio décide de tout arrêter... C'est alors que Damien a l'idée "géniale" d'entraîner sa petite troupe au coeur du Triangle d'Or pour une expérience de "cinéma-vérité" d'un genre inédit. Mortel...

 

« J’ai été un méchant garçon, mon père ». Sur fond de musique d’Enigma, un prêtre et un jeune novice se regardent langoureusement et se tripotent les boules (de chapelet, je vous rassure). C’est l’intro, fracassante, vulgaire et imparable de « Tonnerre sous les tropiques », fausse bande-annonce (« L’Allée de Satan », sorte de « Brokeback » cureton) mais vrai début en fanfare de la comédie de l’année. On reprend. Soit cinq acteurs, has been, défoncés, égomaniaques ou simplement à côté de leurs Rangers, embauchés dans une grosse production hollywoodienne sur la guerre du Vietnam.

 

 

Pour s’épauler dans sa tâche, Stiller fait appel à deux trublions dont le potentiel comique est reconnu : Jack Black (légèrement sous-exploité, sauf quand il est en manque de cocaïne, attaché à un arbre) et Robert Downey Jr. qui comme d’habitude n’a même pas à forcer son talent tant le rôle qu’il compose est calibré pour faire parler de lui.

Mais la force de Tonnerre Sous les Tropiques réside également dans deux autres points : les multiples références cinématographiques qui en font bien plus qu’une simple comédie (avec un passage sur les acteurs qui interprètent des “attardés”, remarquable) et des personnages secondaires au top. Nick Nolte en faux vétéran de la guerre du Vietnam, classique, Matthew McConaughey en agent d’acteur, efficace, et surtout Tom Cruise qui cabotine à fond dans le rôle du producteur. Sans avoir une grande sympathie pour la personne, il faut reconnaître qu’en tant qu’acteur il est exceptionnel dans ce personnage à contre-emploi.

 

On ne fera pas la liste des nombreuses apparitions de guests dans le film, ni un résumé de l’histoire car le mieux est évidemment de s’amuser en le regardant.

 Disons simplement qu’il y a de quoi le voir plusieurs fois, même si une seule suffit pour passer un bon moment en etant cinéphile.

 

Réalisé par Ben Stiller

Avec Ben Stiller, Jack Black, Robert Downey Jr.

 

Durée : 1h48

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