Films Cinethek Culte

Une histoire vraie de David Lynch (1999)  (Films Cinethek Culte) posté le lundi 24 novembre 2008 15:08


Date de sortie : 03 Novembre 1999 

 

Comme son titre l'indique, il s'agit bien d'une histoire vraie, celle d'Alvin Straight qui, a soixante-treize ans, après une mauvaise chute, décidé de quitter Laurens, village du nord de l'Iowa, pour retrouver son frère ainé qui vient d'avoir une attaque. Les deux frères sont fachés depuis dix ans. Malgré son état de santé médiocre et après avoir réfléchi à leur contentieux, Alvin décide d'aller voir Lyle dans le Wisconsin et entreprend un voyage de plusieurs centaines de kilomètres par ses propres moyens.

 

L'intéret du film réside précisément dans cette temporalité particulière qu'Alvin impose à son déplacement. Se faire doubler par des cyclistes, le regard méfiant d'une auto-stoppeuse en fugue, autant de scènes surprenantes et absurdes qui rappellent le cinéma de Tati (Traffic) et de Keaton.

Ce contre-pied à la vitesse, au cinéma traditionnel américain, est très habilement mené parce que personne n'est "dépassé" : l'auto-stoppeuse rattrape, en marchant, Alvin qui rattrape avec sa tondeuse les cyclistes, chaque journée se terminant au coin d'un feu de bois, à se retrouver et discuter. Le road movie classique, celui né d'une fuite, d'une poursuite (Bonnie and Clyde, Sailor et Lula)ou de la recherche d'un ailleurs (Les Raisins de la Colère) correspond au mal-être ou à l'affolement des protagonistes.

Commencini, dans Le Grand Embouteillage, appuie de façon corrosive la détresse de quelques personnages révélée par un embouteillage, la stagnation et l'immobilité imposant la résurgence de l'angoisse, le retour contraint à se faire face.

Dans l'histoire "droite", "vraie" ou celle du film, il s'agit au contraire d'harmonieusement associer le rythme temporel du voyage avec la contemplation de la nature, la chaleur des différentes rencontres qui le ponctuent et la quête d'une sérénité intérieure. Un drame vécu pendant la Seconde Guerre Mondiale a rendu Alvin alcoolique, violent et isolé. Ces traumatismes vont être exorcisés par le souvenir et la conversation et à l'issue du voyage Alvin peut alors admirer avec son frère la beauté d'un ciel nocturne constellé d'étoiles. Ce parcours spatial, temporel et intérieur aboutit à la réconciliation avec soi, avec l'amour fraternel et pour le spectateur avec une haute idée du cinéma.

Réalisé par David Lynch

Avec Richard Farnsworth, Sissy Spacek, Harry Dean Stanton

 

Durée : 1h51

 

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Eraserhead de David Lynch (1976)  (Films Cinethek Culte) posté le lundi 24 novembre 2008 14:31

 

 

Un homme est abandonné par son amie qui lui laisse la charge d'un enfant prématuré, fruit de leur union. Il s'enfonce dans un univers fantasmatique pour fuir cette cruelle réalité.

 

Lynch se distingue des autres par l'univers surréaliste qu'il créer dans la plupart de ses films. Ici plus que jamais, on trouve des minuscules poulets qui jigotte des cuisses, une jeune femme joufflue chantant à l'intérieur d'un calorifère, une tête percée à la drill qui en résulte un crayon à la mine, etc. Pour un public averti, soit on déteste toutes les allusions de Lynch, soit on les regarde avec une légère touche d'humour en interprétant à notre manière son univers plus qu'incompréhensible.



Quant à moi, j'ai trouvé bon parti auprès de cet énigmatique M.Lynch, me laissant transporté dans le subconscient de Henry, âme trouble maintenant père d'un "bébé" très particulier. Toutefois, le point fort d'Eraserhead réside dans les effets-sonores. Sans dialogues, ou presque, on mise gros sur la sonorité, qui fait littéralement frissonner. Que ce soit l'eau qui bout, le calorifère qui chauffe, ou le bébé qui pleure, la variété de sons, souvent extrêmement ponctuée, est remarquable, tout comme les plans très audacieux qui qui rendent le tout fabuleusement réalistes, jumelant efficacement les sens de l'ouïe et de la vue.



Mais malgré le savoir-faire incontestable de Lynch, le rythme n'y est tout simplement pas. Les longueures sont beaucoup trop présentes et l'ennui peut parfois jouer contre le reste du film, qui est très réussis.



Eraserhead marque le début de la carrière d'un génie, l'un des plus grands maîtres du cinéma. On aura vu mieux de sa part au fil des années, mais n'empêche que pour une premiere réalisation, c'est extraordinaire.

 

 

Réalisé par David Lynch

Avec Jack Nance, Charlotte Stewart, Allen Joseph

 

Interdit aux moins de 16 ans

Durée : 1h22

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Into the Wild de Sean Penn (2008)  (Films Cinethek Culte) posté le lundi 24 novembre 2008 13:57


Date de sortie : 09 Janvier 2008

 

Tout juste diplômé de l'université, Christopher McCandless, 22 ans, est promis à un brillant avenir. Pourtant, tournant le dos à l'existence confortable et sans surprise qui l'attend, le jeune homme décide de prendre la route en laissant tout derrière lui.
Des champs de blé du Dakota aux flots tumultueux du Colorado, en passant par les communautés hippies de Californie, Christopher va rencontrer des personnages hauts en couleur. Chacun, à sa manière, va façonner sa vision de la vie et des autres.
Au bout de son voyage, Christopher atteindra son but ultime en s'aventurant seul dans les étendues sauvages de l'Alaska pour vivre en totale communion avec la nature.

 

 

 

Avec Into the Wild, Sean Penn signe un film profondément émouvant, qu'on sent tout à fait honnête malgré ses maladresses et ses égarements; un film qui va sans aucun doute remuer le coeur de tous ces gens, jeunes ou vieux, qui, pour toutes sortes de raisons, ont voulu fuir la vie de famille et les turpitudes de l'ordinaire pour se retrouver seuls, enfin seuls, loin de la cacophonie urbaine, loin du chaos de la société et, enfin, découvrir une nature et une simplicité difficilement accessibles à notre époque.

 

Into the Wild est l'histoire d'une quête intérieure, celle de Christopher McCandless, jeune homme de bonne famille à l'âme romantique qui laisse tout tomber, études, parents et amis, pour partir seul avec son sac à dos, sans le sou et sans voiture, sur les routes de l'Amérique. Son but ultime: se rendre en Alaska et y apprendre à la dure les rudiments de ce qu'il croit être «la vraie vie». Le film s'inspire d'un fait vécu, qui a fait l'objet d'un livre de Jon Krakauer.

 

 

Passant de l'Arizona au Dakota en cours de route, Christopher, qui veut maintenant se faire appeler Alexander Supertramp, croisera une impressionnante variété de personnages tous plus pittoresques et chaleureux les uns que les autres; des gens bienveillants qui accepteront de l'aider en l'hébergeant, en lui offrant de quoi se nourrir, en lui proposant de le conduire en voiture. Parmi ces énergumènes, il croisera un couple de hippies, toujours accrochés à la bohème, un jeune agriculteur qui lui fera connaître les joies du travail dans les champs et un retraité célibataire et aigri qui verra en lui le fils qu'il n'a jamais eu.

 

 

Christopher sera donc éventuellement reconduit dans les steppes sèches et froides de l'Alaska et trouvera refuge dans un autobus abandonné qu'il baptisera le «magic bus».

Sean Penn sait faire des films. Et s'il use et abuse ici de certains effets (ralentis inutiles, gros plans intempestifs, narration parfois superflue, musique appuyée), il a l'oeil pour rendre sur pellicule les beautés de la nature sauvage et celles, insoupçonnées, de l'Amérique profonde.

 

 

Par son ton, Into the Wild rappelle un peu le "Une histoire vraie" de David Lynch, dans lequel un vieillard traversait l'Amérique en tracteur, croisant au hasard des gens étonnamment sympathiques et bienveillants. Penn évite tout cynisme, propose des personnages d'une grande humanité, refuse le désespoir ou l'amertume.

 

 

Son film est long (2h30), ponctué d'effets de style un peu agaçants, mais il est beau et grand, porté par d'excellents acteurs: Emile Hirsch dans le rôle principal, la touchante Catherine Keener en hippie égarée et le vieux Hal Holbrook qu'on ne voyait plus. Rien d'un chef-d'oeuvre, mais une expérience vraiment grisante.

 

Réalisé par Sean Penn

Avec Emile Hirsch, Marcia Gay Harden, William Hurt

 

Durée : 2h27

 

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L'histoire sans fin de Wolfgang Petersen (1984)  (Films Cinethek Culte) posté le lundi 10 novembre 2008 23:04


Date de sortie : 21 Novembre 1984  

 

 

Bastien, dix ans, est un passionné de romans d'aventures. Un jour, il dérobe un ouvrage merveilleux peuplé d'extraordinaires créatures. Il s'enfonce fébrilement dans l'univers fantastique de ce livre qui le fascine.

 

L'Histoire Sans Fin est sans conteste l'un des films "pour enfants" les plus connus. Mais, à l'instar d'un Gremlins ou encore du Secret de La Pyramide, il n'a pas seulement retenu l'attention des plus jeunes, mais aussi celle des adultes. Certains films exercent un véritable pouvoir de séduction et, malgré leur sujet "enfantin" ou "fantaisiste", parviennent à susciter l'intérêt de personnes de tous âges. Aujourd'hui, alors que j'ai découvert - comme bon nombre d'entre vous - le film de Wolfgang Petersen (Air Force One, Troie) avec les yeux d'un enfant qui s'émerveillaient d'un rien, c'est toujours avec ces mêmes yeux (et un peu plus d'expérience en la matière) que je vais en livrer la critique...

L'Histoire Sans Fin est un roman de Michael Ende et le film de Petersen ne reprend en fait que la première partie du livre. L'Histoire sans Fin est un véritable conte de fées et l'on retrouve bon nombre d'éléments issus de ce genre littéraire. Un jeune et brave garçon doit accomplir une quête pour sauver une Impératrice et son monde. Dans son périple, il va rencontrer des créatures fantastiques qui vont l'aider (le dragon volant Falcor, le géant mangeur de pierre, la tortue...) et d'autres qui seront là pour lui barrer la route (le loup noir Gmork, au service du Néant, qui évoque beaucoup Fenris, le loup destructeur du monde et des dieux dans la mythologie scandinave). La présence d'un sage pour le convaincre que sa mission est vouée à l'échec (Morla mais également, dans le monde réel, M. Koreander d'une certaine manière). Le héros devra également se retrouver confronté à la perte d'un être cher (le cheval Artax, lors d'une magnifique séquence proprement émouvante). On peut égaler évoquer les "étapes" et "défis" que doit relever le jeune guerrier Atreyu (auquel le jeune Bastien s'identifie très vite et à travers lequel il va trouver la force d'affronter ses propres problèmes) : Atreyu doit traverser les Mortels Marécages de la Mélancolie, affronter l'Oracle Sudérien et passer la Porte du Miroir, arriver aux limites de Fantasia...

Le film nous présente un parallèle intéressant sur le rapport entre les songes et la réalité, et surtout l'influence et l'importance des premiers sur cette dernière. A travers les péripéties d'Atreyu, le jeune Bastian va entamer son passage de l'adolescence à l'âge adulte avec, par exemple, l'acceptation de la mort de sa mère (à travers la mort du cheval Artax et la quête identitaire de l'Impératrice). Le film se révèle passionnant à étudier mais je ne m'attarderais pas davantage sur le sujet, vous laissant le plaisir de "décrypter" le film et ses références à votre convenance...

 

 

Si, aujourd'hui, le film a subit les inévitables affres du temps, il n'en a pas pour autant perdu de sa superbe et de sa magie. Les effets-spéciaux sont dépassés (les séquences aériennes surtout) et les décors sentent bon le studio mais certains sont d'une beauté (l'Oracle Sudérien en particulier) saisissante encore aujourd'hui. La musique, signée Giorgio Moroder, très typique des années 80, constitue une trame sonore agréable, de même que la réalisation limpide de Petersen, qui a su livrer un film intéressant, dans le fond comme dans la forme, empreint d'une réelle magie.

 

Enfin, signalons que le film a connu deux suites (1990 et 1994) beaucoup moins réussies que ce premier film...

Réalisé par Wolfgang Petersen

Avec Barret Oliver, Noah Hathaway, Moses Gunn  

 

Durée : 1h39

 

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Blood Diamond de Edward Zwick (2006)  (Films Cinethek Culte) posté le dimanche 09 novembre 2008 15:05


Date de sortie : 31 Janvier 2007  

 

 

Alors qu'il purge une peine de prison pour ses trafics, Archer rencontre Solomon Vandy, un pêcheur d'origine Mende. Arraché à sa famille et forcé de travailler dans les mines diamantifères, ce dernier a trouvé - et caché - un diamant rose extrêmement rare. Accompagnés de Maddy Bowen, une journaliste idéaliste, les deux hommes s'embarquent pour un dangereux voyage en territoire rebelle pour récupérer le fameux caillou. Un voyage qui pourrait bien sauver la famille de Salomon et donner à Archer la seconde chance qu'il n'espérait plus.

 

 

This is Africa. Une simple phrase qui revient comme un leitmotiv tout au long du film d’Edward Zwick (Glory, Légendes d’automne), résumant l’instabilité politique permanente de toute une partie de ce continent, le chaos des guerres, la condition terrifiante des enfants-soldats, et semblant vouloir justifier, dans la bouche de ceux qui la prononcent, le sanglant trafic de diamants par un Occident avide et corrompu. Mais une phrase qui n’a rien de totalement pessimiste, puisqu’elle évoque aussi les paysages sublimes de ce monde originel, ses habitants liés à la terre, pétris de valeurs fortes ; le sacrifice, la rédemption, l’amour bien sûr. Ca peut paraître beaucoup pour ces trois petits mots. Ca l’est également pour un film.

Blood Diamond a bien des mérites, à commencer par traiter de sujets - en gros, l’exploitation d’un continent par un autre, du faible par le fort, du Noir par le Blanc - relativement rares au cinéma, hollywoodien de surcroît. Pas de doute, le spectateur est mis face à une réalité dont il est loin de soupçonner les détails les plus sordides. D’autant que, pendant toute une première partie, le propos paraît parfaitement documenté et surtout, nuancé : du premier au dernier maillon de la chaîne, du mineur forcé au technocrate le plus haut placé, tous semblent vouloir apporter leur point de vue sur la situation.

Un casting rassurant (DiCaprio, Jennifer Connelly et même l’excellent Michael Sheen, vu récemment dans The Queen de Stephen Frears), une image au grain rugueux, très réaliste (les reconstitutions des camps de réfugiés ou des carnages en plein cœur des villes sont magistrales), ainsi qu’une mise en scène brute, nerveuse, achèvent de capter l’attention.

On ne peut s'em­pê­cher de pen­ser à Lord of War, même si le trai­te­ment se montre très dif­fé­rent. Blood Dia­mond est un par­fait petit conden­sé de prise de conscience po­li­tique et d'ac­tion, mené par un trio d'ac­teurs bien di­ri­gés et bien pré­pa­rés, qui a le mé­rite de pou­voir être re­gar­dé aussi bien comme un di­ver­tis­se­ment que comme un petit pam­phlet.

 

 

 

Réalisé par Edward Zwick

Avec Leonardo DiCaprio, Djimon Hounsou, Jennifer Connelly

Durée : 2h17
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