Date de sortie : 27 Février 2008

Tandis qu'une brume étrange
semble envelopper une petite ville du Maine, David Drayton et son
jeune fils Billy se retrouvent pris au piège dans un supermarché,
en compagnie d'autres habitants terrorisés. David ne tarde pas à
s'apercevoir que le brouillard est peuplé d'inquiétantes
créatures...
Leur seule chance à tous de s'en sortir consiste à s'unir. Mais
est-ce possible quand on connaît la nature humaine ? Alors que
certains cèdent à la panique, David se demande ce qui est le plus
effrayant : les monstres qui rôdent dans la brume ou ses semblables
réfugiés dans le supermarché ?

Il n'y a plus de règles, et la superstition s'est substituée à la raison et la panique à la réflexion... Après The Woman in the Room, Les Évadés et La Ligne verte, Frank Darabont nous invite une nouvelle fois à plonger dans l'univers de Stephen King, en adaptant une des ses œuvres les plus terrifiantes... The Mist. D'un genre totalement différent de ses précédentes réalisations, Ce film incarne un retour aux sources pour Darabont, il renoue avec sa culture d'origine en tournant enfin un film d'horreur, un genre qu'il aime par dessus tout. Le film représente aussi une rupture avec ses précédents films, le ton est ici beaucoup plus sombre, le scénario beaucoup plus inquiétant et la vision de la nature humaine beaucoup plus pessimiste. Avec des allures de série B, The Mist frise le chef d’œuvre avec un propos qui va bien au-delà du simple divertissement.

Huis presque clos dans
un supermarché entouré d'une brume pleine de créatures aussi
terrifiantes que mortelles : voilà en résumé l'un de mes pires
cauchemars. La nouvelle de Stephen King était déjà effrayante, le
film de Darabont l'est encore plus. Les effets spéciaux et visuels
sont très efficaces, de mémoire de cinéphile je n'ai jamais vu de
tels monstres dans un film d'horreur, ça marque profondément les
esprits !... La palette des couleurs joue aussi un rôle important
dans l'atmosphère du film, au début les tons sont assez vifs mais
lorsque le brouillard tombe sur le supermarché, l'atmosphère est de
plus en plus morbide et les couleurs deviennent de plus en plus
sombres et menaçantes. En tournant caméra à l'épaule, Darabont
donne un réalisme particulièrement saisissant aux scènes et nous
immerge sans difficulté au cœur de ce huis clos
oppressant...

Le film prend de
l'ampleur en soulevant des thématiques d'une brulante actualité ;
le fanatisme religieux, la paranoïa... c'est fou de voir à quel
point on peut perdre la tête dans des conditions extrêmes. C'est
bien le brouillard qui prend les personnages au piège dans le
supermarché sans qu'on sache ce qu'il va se passer, mais ce n'est
pas ce qu'il se trouve à l'extérieur le vrai danger, mais bien la
terreur qui règne à l'intérieur lorsque les gens sont en délire
total. Tout à coup, ceux qui étaient des amis et des voisins cèdent
à la panique, perdent la raison et deviennent très menaçants les
uns envers les autres.

Contrairement à la nouvelle
de Stephen King, le film ne propose pas de fin ouverte, dans la
nouvelle on ne sait pas vraiment comment se termine l'histoire.
Mais pour son film, Darabont a imaginé une fin radicale avec la
douce musqiue du groupe "Dead can dance"et son titre "The host of
seraphim" qui nous laisse seul face à une noirceur pessimiste
qui colle au corps bien au delà de la projection.

Tourné en 37 jours avec un
budget très serré, The Mist est une pure série B
qui mérite largement sa place au panthéon des grands films
d'horreur. Le génialissime Frank Darabont prouve encore une fois
qu'il est un des rares réalisateurs à comprendre l'univers de
Stephen King, jamais une adaptation n'aura autant capté l'essence
même de l'écriture du maitre de l'horreur. Devant la caméra, Marcia
Gray Harden (oscarisée pour sa performance dans Mystic River) fait
froid dans le dos en fanatique religieuse complètement possédée et
détestable à souhait, Thomas Jane ( à l'affiche de The Punisher, il
a également inscrit son nom au générique de Dreamcatcher, l'attrape
rêves) a un rôle à sa mesure, on reconnaitra également Jeffrey
Demunn (Fidèle comédien de Frank Darabont, il a notamment
interprété La Ligne verte, Les Évadés et The Majestic) dans un rôle
purement Kingien.

The Mist n'est peut-être pas un chef d'œuvre absolu mais il n'en demeure pas moins un très bon film qui soulèvent des questions pertinentes sur la nature humaine.
Réalisé par Frank Darabont
Avec Thomas Jane, Andre Braugher, Laurie Holden
Durée :2h
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